Aug 12 2010

Projet de spécifications fonctionnelles des moyens de sécurisation

Tag: AdminSys, news, recherche, undergroundArrouan @ 12:42 pm

Dans cet article, j’analyse les spécifications de ce logiciel HADOPI et j’explique en quoi il est impossible sans de grave atteinte à la vie privée, la sécurité et la qualité des transfert d’information.

La première fonctionnalité est une politique de sécurité dont la mise en oeuvre est décidée par le titulaire de l’accès. Ce que demande ici HADOPI est ni plus ni moins un controle d’accès discretionnaire (DAC). De plus, rien d’orginial pour une politique de sécurité, elle doit être souple et avoir une granualité fine. Le logiciel se base sur cette politique pour observer (sans enregistrer) les flux et prendre la décision de bloquer ou non ces flux. Ce système est clairement un système de filtrage des flux orienté politique  orienté réseau. Il est demandé qu’il soit aussi bien orienté l’utilisation de listes (blanches, noires, grises) que de l’analyse du traffic (tres orienté analyse de flux et même plus loin DPI).

Ensuite, le logiciel doit être capable d’analyser la configuration du postes, des logiciels, du reseau de manière statique. On peut donc imaginer qu’il va vérifier que vous avez bien défini une clef sécurisé WEP (oui oui WEP c’est sécurisé d’après HADOPI…). Mais là où ca devient fort c’est quand il demande une analyse dynamique des logiciels en fonctionnement soit une analyse dynamique du système ou de l’application. C’est bien beau ça mais tout d’abord pour quoi faire (ça on le fera plus tard) et ils connaissent la difficulté d’avoir un tel dispositif fonctionnant sur un système réel ? Je suis bien placé pour en parler, la mise en place de contrôle d’accès dynamique sur un système pour protéger contre les flux illégaux, c’est le sujet de ma thèse.

Après on a le droit à la killer feature qui va bien avec le DAC, c’est à dire si le logiciel détecte quelque chose d’illégal, il l’annonce à l’utilisateur.

Finalement, de manière générale, la dernière fonctionnalité est la mise en place d’un système de journalisation contenant une version en clair et une version sécurisé qui contient ce qu’a fait le logiciel de sécurisation mais aussi ce qu’il a détecté et ce que l’utilisateur a décidé de faire. Bien sur, le journal sécurisé doit etre confidentielle, authenthique et infalsifiable. En gros, seul HADOPI et l’utilisateur sont senser pouvoir le lire. D’un point de vue sécurité, la fonctionnalité doit donc garantir l’intégrité, la confidentialité et la non répudiation.

Après ca devient fort quand ils demandent que le logiciel puisse lutter contre l’usurpation, le contournement ou l’altération. Mais aussi que toute la structure du logiciel lui meme soit sécurisé .Ensuite, on a le droit au fonctionnalité classique de mise à jour, de faible impact des performances, de désinstallation. On notera que le logiciel peut être fait (ou peut tourner) sur des logiciels libres, c’est gentil de leur part non ? Mais bon vu qu’il faut qu’en même faire plaisir au gros éditeurs, HADOPI précise que le logiciel peut être ajouté dans des suites de sécurité. Quand on voit l’efficacité de ces suites comme les antivirus, ça fait peur…

Comme il a déjà été, le logiciel peut être installé aussi bien sur le PC (ou console ou téléphone, etc) que sur la passerelle, c’est à dire la box en ce moment en France. Mais comme la box est très fermée, peu puissante et renouvellé rarement cette fois n’est que exploratoire. Dans le cadre des grands entreprises, des sondes DPI peuvent également être proposé.

La politique de sécurité doit être générique et universelle. Le logiciel doit être capable d’analyser sans trop de coût un traffic allant jusqu’à 100Mb/s. La modification des listes est possible par l’utilisateur mais ces modifications sont journalisées. Clairement le coeur du système est  l’analyse dynamique des flux réseaux qui sent tres fort le DPI. Mais pour autant, il n’analyse pas le contenu des flux car pour le moment d’après e document ce n’est pas possible d’analyser les attributs de données pour détecter si le flux contient un DRM ou si il est un fichier légal. Ce passage est l’un des meilleurs car il fait directement allusion à un des brevets déposé par Pr. Riguidel qui est justement la personne responsable de ce document. Ils ont même penser aux flux chiffrés en disant que même si ce n’est pas possible de faire une analyse de ces protocoles, une analyse statistique est toujours possible.

Le document explique bien que le logiciel sera pas capable de faire la différence entre un téléchargement P2P d’un ISO Linux et celui d’un film sous copyright. Il doit détecter les piles protocolaires. Par exemple, tout streaming en dehors des sites reconnus comme sur, pourrait être considerer comme illégale. De manière pratique, on peut supposer que le téléchargement HTTP soit interdit sur des sites comme megaupload. Une des autres détections proposée est la détection de VPN chiffré vers des sites problèmatiques, qui a dit IPRedator ?

Le problème de ce logiciel est qu’il doit tourner sur un système controlé par l’utilisateur mais pour autant rester intégre. On a ici un problème non résoluble. En effet, pour fonctionner le logiciel doit faire confiance au système. Hors le système est controler par l’utilisateur et par conséquence ce dernier peut en modifier le comportement. Le logiciel ne pourra donc pas rester intégre. Et encore, même si l’utilisateur n’attaque pas l’intégrité du logiciel, tout virus tournant sur la machine pourra attaquer le dit logiciel. Le coeur du logiciel est d’avoir un journal infalsifiable ce qui est impossible à part en utilisant un TPM et encore j’en doute dans le cadre d’un système controlé à 100% par l’utilisateur.

Ma conclusion est que la mise en place d’un logiciel permettant de faire de l’analyse réseau sur une ligne à haut débit est tout simplement impossible d’un point de vue sécurité informatique car il mélange des concepts qui sont fondamentallement incompatibles. En effet, pour garantir le fonctionnement du logiciel et du journal, il faut faire confiance au système sous jaceant c’est à dire le système d’exploitation. Ce n’est pas possible de faire confiance à un utilisateur. L’utilisateur ayant un controle total du système d’exploitation, le système n’est donc pas de confiance et le logiciel ne peut donc pas fonctionner en restant sécurisé. On pourrait imaginer que l’utilisateur arrive à modifier les alertes à inscrire dans le journal avant qu’elle soit écrite dans ce dernier et donc éviter une détection. Aucun système ne peut protéger un logiciel sur un système d’exploitation non sur sans ajouter une couche plus basse qui est elle meme sécurisé. Par exemple, des logiciels comme Overshadow permettent une telle chose mais en faisant confiance à l’hyperviseur qui controle le système d’exploitation. Ce n’est pas une possibilité ici puisque l’hyperviseur serait également sous le control de l’utilisateur. La seule solution serait d’avoir un système d’exploitation renforcée ne permettant pas à l’utilisateur de fonctionner comme il le souhaite. Un tel système implémentant un control d’accès mandataire et resistant aux utilisateurs est tout à fait possible comme nous l’avons démontré lors du défi de sécurité de l’ANR en proposant un OS qui ne fait pas confiance à l’utilisateur et reste intégre. Mais cela va à l’encontre de la demande de politique discretionnaire car un tel système requiere un politique mandataire. Je ne parle meme pas des problèmes de performances pour l’analyse en temps réel du traffic réseau mais aussi de la protection du système d’exploitation.

Pour finir,  si on fait confiance à des sociétés d’antivirus pour ce logiciel, ca va être un belle blague… De tout façon vu les demandes et les possibilités, il est tout simplement impossible de concevoir un tel système. Tout tentative sera forcement attaquable et le pire c’est qu’au lieu de sécuriser l’utilisateur, il y a de grandes chances que ce logiciel ouvre de nouveau vecteur d’attaque comme nous l’avons vu dans le logiciel GreenDam.

A titre personnel et de recherche, je suis pressé de voir ces logiciels car même en ayant une tres bonne connaissance de l’état de l’art universitaire et industrielles de la sécurité système, je ne vois aucune solution possible qui soit réaliste ! Attendons nous donc à bien rigoler !


Oct 20 2009

Campagne de SPAM Direction Generale des Finances Publiques

Tag: news, undergroundArrouan @ 12:16 pm

Une nouvelle campagne de SPAM apparait de plus en plus dans les messageries à usage uniquement francophone (e.g. les universités). Elle apparait provenir de la direction generale des finances publiques avec l’adresse lettre-info-fiscale@dgfip.finances.gouv.fr. Cette email peut parait à première vu totalement légitime.Il est signé Phillippe BERGER (Consiliateur fiscal adjoint) qui bien qu’il n’existe pas à des homologues dans Google et les premiers rapports de ce SPAM ne sont pas dans les 10ers réponses de Google actuellement (bien que 01net ou Zataz en aient parlé).

De plus, pour pousser les lecteurs à cliquer sur un lien, les attaquants écrivent dans un bon français (pour une fois ce n’est pas une traduction automatique) que vous êtes adminissible pour recevoir un crédit d’impôts de 180€ environ (178.8€). Et il vous demande de remplir un formulaire pour avoir le droit à cette aide.

Bien entendu, le mail ne provient pas de la DGFIP mais est un SPAM. Le lient en lui même n’est pas forcément très malin car il méne vers un site finissant en .mx (mexique) ce qui n’est pas très crédible. L’utilisateur lambda sera surement induit en erreur car le header de la page est impots.gouv.fr et quand vous cliquez sur le lien, vous êtes rediriger vers une page dont l’URL contient http://www.impots.gouv.fr/portal/dgi/public/particuliers-Remboursement ce qui semble être une URL légitime.

Le premier site en .mx semble être un site légitime en espagnole. De plus, ils n’utilisent pas un top domaine tu type foobar.mx mais foobar.com.mx ce qui permet de ne pas avoir d’entrer DNS permettant de remonter à eux. Ce site est de toute façon utilisée comme passerelle car vous êtes tout de suite rediriger vers un second sans DNS mais via une addresse IP. Le premier site pourrait donc être juste un site légitime infecté par un malware. Ce site en .com.mx est hébergée sur un serveur dédié aux USA chez abac.net

Le faux site des impôts se trouve sur un second site avec une URL cachée du style http://xxx.xxx.xxx.xxx/.site/fr/?http://www.impots.gouv.fr/portal/dgi/public/particuliers-Remboursement. Cette addresse IP semble statique et est localisé à Rio de Janerio au Brésil dans une société qui fournit des ADSL et autres solutions Internet. On peut donc supposer que ce serveur est également un serveur compromis. En regardant de plus pres, on tombe sur un serveur qui semble légitime et dédié aux sites professionnelles. En cherchant un peu, cette plage d’addresse semble utiliser pour des sites pornographiques surement garni de malwares.

De plus, les liens sur la page contrefait ne marche pas ou sont redirigé vers le vrai site des impots ce qui augmente la confusion. En regardant le code HTML de la page, on se rend compte que les responsables de cette campagne de SPAM sont surement espagnole (ou de langue espagnole) ou tout du moins qu’ils ont utilisé un utilitaire créé par une personne de langue espagnole.

Ensuite une fois le formulaire remplit l’addresse change vers http://xxx.xxx.xxx.xxx/.site/fr/D.htm?http://www.impots.gouv.fr/portal/dgi/public/particuliers-Remboursement qui semble tjs légitime. Finalement, le site principal sur l’addresse IP semble être légitime en étant un vendeur de solutions informatique mais ne l’est surement pas.

Bref une campagne de SPAM plutôt bien monter et très bien cibler avec une localisation réflechie ce qui semble être une première en France mais surement pas la dernière.


Jul 09 2009

Milw0rm s’arrête…. ou pas

Tag: undergroundmoutane @ 2:03 pm

La bonne vieille base d’exploit est apparemment coupée du net depuis cette nuit, après que son créateur ait posté un message d’adieu :

Well, this is my goodbye header for milw0rm. I wish I had the time I did in the past to post exploits, I just don’t :( . For the past 3 months I have actually done a pretty crappy job of getting peoples work out fast enough to be proud of, 0 to 72 hours (taking off weekends) isn’t fair to the authors on this site. I appreciate and thank everyone for their support in the past.
Be safe, /str0ke

Edit : milw0rm est de retour en ligne :) (voir ce twitter)


Jul 16 2008

Rapport sur la cybercriminalité et l’organisation des équipes derrière les botnets

Tag: undergroundArrouan @ 5:01 pm

La compagnie Finjan via son Malicious Code Research Center à publier un rapport sur la cybercriminalité et son organisation. Le but que c’est fixé cette organisme est justement de s’intéresser au comportement émergeant dans le piratage sur Internet et de les analyser. Ils sont allés jusqu’à parler avec différentes personnes impliqués dans ces réseaux.

Tout d’abord, ils reviennent sur l’historique du piratage depuis le “hack for fame” vers l’organisation et la monaitisation de celui-ci. Au début, des exploits ont commencés à être vendu aux plus offrants puis la professionalisation a encore passé une étape avec la fourniture de kit tout-en-un pour le piratage et la génération d’exploit comme mpack. Ensuite, cela a continué avec une augmentation de la qualité de ces packs et une mise à jour régulière. Relativement récemment, des systèmes puissants permettant un monitoring et une sous-location des botnets à réellement permis à leurs possesseurs de lancer dans le marché de la vente de puissance de calcul pour des activités illégales. Au début de l’année, des services de type Crimware-As-Service ont commencé à émerger avec des buissness modéle proche des sociétés de service informatique classique. Finalement, la dernière chose à la mode est la fourniture direct de donnée déjà récolté par divers méthodes de malwares et d’intrusion. Les clients peuvent donc acheter et diposer directement des données. Avec la mise en place de grille de prix, d’avantages, etc, la cybercriminalité a désormais un modéle proche du monde réel qui brasse beaucoup d’argents. Il y a eu par exemple des réquilibrages de prix pour les cartes bleue volées qui sont passé de 100$ à 10-20$ l’unité.

Ce qui a également beaucoup évoluer dans la cybercriminalité ces dernières années et le passage d’une organisation où chacun était indépendant ou de petits équipes non structurés vers une organisation proche de celle de la mafia. On retrouve donc un “Boss” qui contrôle l’ensemble mais ne commet rien d’illégal lui-même. Ensuite un sous chef, qui fait le tampon entre le Boss et les directeurs de campagne mais aussi qui fournit et contrôle les malwares et les botnets. Chaque directeur de campagne fait ses propres attaques et ses propres affaires en se reposant sur une armée de petit main. Chacune des filières a ces clients propres et ces propres programmes de partenariat. Les contacts avec les clients sont gérés par des revendeurs.

Dans le cadre de leurs études, la société a discuté avec ces revendeurs. Ils ont aussi bien pu confirmer la présence de grille de prix suivant le pays, la banque, etc pour les comptes banquaires mais aussi la structure en pyramide tel que décrite ci-dessus. Les revendeurs diposent même de garanties qui permet de remplacer un numéro de carte si ils ne fonctionnent pas.

Comme tous ces données sont raccorchées à une région, un pays, une langue, il faut faire des attaques ciblés pour avoir des données qui intéressent les clients et ce sont les directeurs de campagne qui font organiser ces attaques ciblés.

Ces groupes utilisent également des serveurs de stockage (drop server) où sont stocké la totalité des données volées d’un groupe (i.e. le résultat de plusieurs campagnes). En général, ils sont également le Command Center des botnets. Les auteurs du rapport ont détectés un tel serveur en Malaisie qui contenait 1.4Go de données volées.

Pour conclure, il est clair que cette étude montre la réalité d’une chose que nous savions déjà: le piratage des années 80-90 est fini et nous avons affaire maintenant à des organisations disposant de fonds importants et de personnes de haut niveau. Même si pour le moment, ce n’est pas encore le cas à grande échelle, ces organisations se tourneront surement vers l’espionage industrielle et l’ensemble des milieux pouvant rapporter de l’argent. Ce qui est impressionant c’est la rapidité à laquelle s’est mise en place ce système et comment il a réussi à générer rapidement de très grosses sommes. Cela nous rappelle aussi que les attaquants disposent de plus en plus de ressources pour écrire des malwares toujours plus efficace et que certains sont des experts et connaissent les dernières méthodes de détection.